Page d'Accueil

L’EGLISE OU LA RELIGION COMME UNE LUMIERE DU MONDE.

   

L’ATTACHEMENT A L’ESPRIT ET A LA LETTRE DE LA CONSTITUTION ET DES TEXTES A L’EPC SYMPTOMATIQUE DE LA SOCIETE NOUVELLE SOUHAITEE POUR LA NATION

L’EPC est certainement sur la sellette par les journaux en raison de nombreuses crises qui la secouent régulièrement. Si on part du postulat que toute société est de nature dynamique et sujette à des conflits, on ne peut pas ne pas relever un fait positif dans la vie de cette institution. Celui de l’attachement à l’esprit et à la lettre de sa Constitution et de ses textes. Sur ce point sa lumière devrait servir à éclairer la lanterne de la société toute entière. Après avoir été parmi les précurseurs de l’indépendance politique du Cameroun et des autres grâce à un effet d’entraînement, voilà l’EPC qui jette une fois de plus l’esprit de la société nouvelle appelée de tous les vœux par l’écrasante majorité des Camerounais. Des textes votés librement et respectés.

L’ENVIRONNEMENT SOCIO-POLITIQUE

Le débat est d’actualité aujourd’hui au Cameroun. Faut-il ou non modifier l’article 6 de la Loi Constitutionnelle de 1996 qui limite le mandat présidentiel de sept ans à deux au maximum ? D’autres ajoutent que par delà cette modification dudit article, il y a nécessité d’une révision de cette loi ; qu’importe le volume du contenu qui mérite des amendements. Si les juristes sont unanimes pour reconnaître que les Constitutions ne sont pas faites immuables et qu’elles le sont pour des sociétés et adaptées dans le temps, il n’en demeure pas moins vrai qu’elles doivent être adoptées dans le cadre d’un consensus général pour jouir d’une certaine légitimité par delà la légalité qu’elles acquièrent aux termes de leur processus de promulgation ou procédure de mise en place. Elles ont besoin d’une certaine stabilité, synonyme de maturité et symbole de tout le sérieux qui a entouré leur élaboration et adoption.

Tel n’est pas toujours le cas dans les sociétés africaines en général et au Cameroun en particulier où les constitutions semblent taillées sur mesure et faites pour servir les intérêts partisans de quelques uns. Qu’on ne soit donc pas surpris qu’elles soient malaxées tout le temps par des manipulations et des tripatouillages de tout ordre dont le seul but est de faire plaisir à quelques uns. La conséquence est que de toute révision constitutionnelle envisagée est subodorée quelque chose de pas saint. Avec ou sans raison. Tellement on est habitué à des jongleries politiques. Le Cameroun en 47 ans d’indépendance a eu quatre Constitutions : celle de 1960, celle de 1961, celle de 1972 et celle de 1996 même si cette dernière est souvent considérée comme une Loi portant révision constitutionnelle de celle de 1972. N’empêche que de fond en comble, elle avait été profondément bouleversée. Ce qui fait une moyenne d’une Constitution toutes les 11,75 années soit tous les 12 ans. Quand il faut encore revisiter l’histoire de presque chacune de ces constitutions, on s’aperçoit qu’elles subissent tellement d’amendements dans l’ensemble et particulièrement celle de 1972 au point  qu’à la fin, honnêtement on est en présence d’un tout autre texte que celui de départ. De quoi donner le tournis aux responsables de l’EPC chargés de veiller sur l’application des textes constitutifs. Eux qui en cinquante années d’existence autonome de leur Eglise et de leur Constitution, ont gardé intacte celle-ci, c’est-à-dire telle quelle au 11 décembre 1957.

L’ « AMERICAN SPIRIT »

De la Mission Presbytérienne Américaine (M.P.A.) a vu le jour l’EPC. Celle-ci a donc suffisamment été influencée par l’Eglise mère. Les termes tels que « docket », « motion », « second » commodes dans les activités de l’Eglise sont là pour le témoigner. Comment peut-il en être autrement. Un siècle d’histoire entre les deux peuples sur le plan religieux ne se balaie pas d’un revers de la main sous-prétexte d’autonomie ou d’indépendance. Les Américains ont été les premières populations blanches avec lesquelles les populations Boulou sont entrées en contact après leur installation à Batanga. Et c’est à partir essentiellement des Stations installées dans le Pays Boulou qu’ils ont développé leur évangélisation par l’expansion dans l’intérieur du pays. C’est dire que c’est à ce contact que s’est opérée leur ouverture vers l’extérieur. C’est très probablement de là que vient l’esprit américain « american spirit » dont font preuve les instances dirigeantes de l’EPC. Qu’on se souvienne que la constitution Fédérale des Etats-Unis d’Amérique date de 1776 avec les Georges Washington et autres. Jusqu’aujourd’hui en 2007, elle reste en place soit plus de 230 ans après. Malgré quelques amendements intervenus ici et là, le texte n’a pas été dénaturé et reflète l’esprit qui a prévalu a son élaboration. Et l’attachement à cet esprit est garanti par les instances judiciaires adéquates comme peut l’attester la jurisprudence en la matière.

A l’EPC, on ne change pas les textes pour changer. On est fidèle à leur esprit, fidèle à leur lettre. Et quel acharnement à préserver leur application. Que cela secoue sérieusement l’Eglise, qu’elle court le risque d’une implosion. On est resté attaché à ce principe qui veut que « dura lex, sed lex » : la Loi est dure, mais c’est la Loi que nous pourrons interpréter dans le sens de la Loi est mauvaise mais c’est la Loi.

LE GUIDE DE LA NATION

L’Eglise en général a le rôle de guide de la société dans la construction de cet homme que recommandent les Ecritures et dans la poursuite du Royaume de Dieu à venir qu’il véhicule dans ses enseignements. L’EPC a montré plus d’une fois qu’elle contribue à jouer ce rôle de lumière dans la nation. Toute son œuvre en général rentre dans cette optique. Et bien plus tôt, du temps de la MPA (Mission Presbytérienne Américaine) a été composé le chant de ralliement par les élève de l’Ecole Normale de Foulassi d’une classe de 29 élèves dont DJAM AFANE René, MINKIO MI BAMBA, NKONO BANGA, NYATE NKO’O en 1927, chant qui trente ans après c’est-à-dire en 1957, sera adopté comme hymne national du Cameroun.

Aujourd’hui l’EPC est fière de dire que ce chant lyrique est d’une indicible richesse patriotique : une interpellation (comme pour l’évangile et les autres fois du Cameroun à l’instar de l’Islam) à l’unité et à l’amour, un catalyseur pour la construction d’un grand pays, une puissance magnétique pour mobiliser les enfants du Cameroun à la synergie nationale. Un sens du sacrifice pour la patrie, une puissance motrice pour élever la patrie camerounaise. Et l’Eglise de conclure elle-même dans cet opuscule EPC Eglise Presbytérienne Camerounaise une publication du PCA Communication en 2003 où elle résume les messages de l’hymne national du Cameroun « C’est un instrument fort qui suscite le sens du pouvoir et du service patriotique. Il est vraiment d’inspiration divine ».

De plus son indépendance en 1957 est un prélude à un esprit qui allait aboutir à l’indépendance politique du Cameroun. Et contrairement à l’indépendance de la plupart des autres Eglises sœurs cette année, celle de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise n’est pas que dans la forme, dans la dénomination, mais elle est également de fait et dans la vie quotidienne, avec tout ce que cela comporte de conséquence au niveau des responsabilités, appelée qu’elle est à s’auto-assumer, même financièrement sans subvention de l’extérieur. L’EPC a toujours ainsi joué ce rôle de lumière de la société sur le plan le plan strictement religieux, sur le plan culturel et sur le plan politique. Il est seulement regrettable de constater que certains de ses membres défenseurs acharnés des textes au sein de l’Eglise soient des êtres qu’on ne reconnaît pas quand il s’agit de prendre position dans des débats politiques d’intérêt national apparaissant plutôt comme des thuriféraires. Qu’à cela ne tienne,  ils sont membres d’autres groupes d’où ils subissent peut-être plus d’influence. Dommage aussi qu’à l’issue de son Assemblée Générale, l’EPC n’ait pas donné sa position dans le débat national en cours. A moins que son silence soit son expression aux risques d’interprétations malheureuses comme « qui ne dit rien consent » ou alors « qu’il n’y a pas de débat ; les textes sont là et qu’ils soient appliqués ». Allez donc savoir ce que comprendre de ce silence.

 
 
 

Page d'Accueil Copyright © 2008, Culture Vive