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Compréhension du Cinquantenaire |
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L’Evolution du Cameroun de 1960 – à nos jours 2010 |
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Le seconde phase, celle de la deuxième République commence en 1982 et se poursuit encore. Toutefois, la compréhension exacte de l’évolution politique du Cameroun, nécessite une revue du contexte politique antérieur au premier janvier 1960. L’assimilation de l’historicité économique s’incline aussi sur deux phases : la période de prospérité, 1960-1986 et la période de crise économique caractérisée par les mesures d’ajustement structurel. |
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I - La période antérieure aux indépendances : 1956-1959 Dès le 29 février 1956, moins d’un mois après la formation du Gouvernement, Gaston Defferre dépose un projet de loi sur le bureau de l’Assemblée de l’Union Française. Deux semaines après, il s’exprime devant l’Assemblée en ces termes : « Trop de fois, au-delà des mers, les Français ont donné l’impression qu’ils n’étaient pas capables d’agir en temps utile. Trop souvent, nous avons été le jouet des événements. Aujourd’hui……. si nous savons dominer les événements, si nous savons les devancer, alors nous pouvons rétablir en Afrique noire un climat de confiance et de concorde ». En filigrane, la Loi Cadre est la volonté de mettre en œuvre une décentralisation politique et administrative en Afrique noire. Tirant argument des dispositions de la Loi Cadre, les mouvements politiques animeront le débat de la décolonisation dans les territoires français. Le Cameroun ne dérogera pas à cette règle. UPC : sigle de l’Union des Populations du Cameroun, Les différentes positions des acteurs politiques Um Nyobe Ruben, leader charismatique de l’UPC, il prône l’indépendance immédiate du Cameroun et sa réunification avec la zone anglophone. Le BDC avec pour leader le Dr Louis Paul Aujoulat. Il est médecin dans le territoire sous-tutelle française du Cameroun. Dès 1946, il représente les intérêts des électeurs camerounais de race noire au parlement français. Il est le garant des intérêts français. Notons qu’antérieurement à la Loi Cadre, le paysage politique est dominé par le BDC et l’UPC. L’avènement de la Loi Cadre favorise l’émergence de nouvelles formations politiques. Le PDC, avec comme Président Général André Marie Mbida.
Homme politique modéré, il prône une indépendance par étape. Cette logique est manifeste à travers ces propos extraits du discours d’investiture devant l’Assemblée Législative du Cameroun le 15 mai 1957 à Yaoundé : « L’acheminement du Cameroun vers son indépendance en passant par les étapes convenables nous permettant de nous préparer à assumer à l’avenir par nous-mêmes, l’entière gestion de notre pays….. Le Cameroun sollicitera, avec l’accord réel et calme d’une très large majorité de ses populations, sous indépendance conforme à la charte des Nations Unies et à l’accord de Tutelle, à se prononcer sur son régime définitif… Néanmoins, en attendant que ces événements se réalisent, j’estime qu’il est sinon nécessaire, du moins très utile pour notre jeune Etat de continuer à collaborer étroitement et amicalement avec sa bienfaisante tutrice….. » L’UC, créé le 1er mai 1958 à Garoua par les élus du Nord de l’Assemblée Législative du Cameroun. Son leader est le député Ahidjo, désormais Premier Ministre après le renversement de Mbida en février 1958. L’Union Camerounaise sous la houlette de son leader est pour l’indépendance du Cameroun à court terme et pour la réunification avec la zone anglophone. Parti Socialiste avec à sa tête Charles René Guy Okala. Cette formation politique est sur le sillage de l’Union Camerounaise. Alexandre Douala Manga Bell
Au moment de désigner un Premier Ministre Camerounais en application de la Loi Cadre, il fut le premier à être approché. Politicien chevronné, formé comme Officier de l’armée française, malgré sa popularité, il ne passe pas. Le Député d’origine antillaise Jules Ninine. Il est un politicien expérimenté mais il est antillais. Mbida André Marie Il a travaillé sur le projet de Loi Cadre, il dirige un groupe de députés à l’Assemblée, il est dynamique, il est jeune et Gaston Defferre l’aime bien. Il sera pressenti au poste quitte à lui d’obtenir les voies de ses collègues, chose faite en 1957. L’Etat du Cameroun naît donc le 10 mai 1957. Cette naissance se caractérise par la levée du drapeau, l’adoption de l’hymne, la devise et des armoiries de l’Etat. - Premier Ministre Chef du Gouvernement : Mbida André Marie Les Secrétaires d’Etat - Secrétaire d’Etat à l’Intérieur : Antoine Logmo
- Secrétaire d’Etat à l’Agriculture : Talba Malla, ascendant de Talba Malla Directeur Général CSPH - Secrétaire d’Etat à l’Information : Gaston Medou - Secrétaire d’Etat à la Fonction Publique : Germain Tsalla Mekongo, ascendant de Marie Roger Biloa, journaliste. Après l’étape de l’autonomie interne, sous la direction du Premier Ministre Ahmadou Ahidjo et sous l’égide de l’ONU, le Cameroun sous-tutelle français aboutira à l’indépendance le 1er janvier 1960 à 0 heure. A la place de l’indépendance en face de l’immeuble siège de la CNPS, le Premier Ministre Ahidjo prononcera un discours dont les grandes lignes suivent : « Camerounais, Camerounaises, le Cameroun est libre et indépendant. Ces mots font vibrer en chacun de nous une émotion que nous ne dissimulons pas, tant elle est naturelle, tant elle touche aux aspirations les plus profondes et les plus sures de tous ceux qui portent le nom d’homme ». Plus loin faisant allusion aux activités » terroristes de l’UPC il ajoute. Une fois le Cameroun sous tutelle française accède à la souveraineté internationale, reste le problème de la réunification. Elle sera concrétisée par la loi constitutionnelle du 1er septembre 1961 instituant l’Etat Fédéral au Cameroun. Ahmadou Ahidjo sera élu Président de l’Etat Fédéral tandis que Foncha acteur imminent de la réunification sera promu au pose de Vice-Président. Le Cameroun sombrera dans la dictature dès 1962. III – Les périodes sombres : 1962-1982 Les prémices du monolithisme se manifestent à travers une déclaration du Président Ahmadou Ahidjo en conférence de presse le 11 novembre 1961, dont la teneur suit : « J’estime quant à moi qu’il serait dangereux d’adopter un système de parti totalitaire. Ceci dit, je dis tout de suite qu’il est souhaitable qu’au Cameroun, il y ait un grand parti, un grand mouvement unifié qui se formerait après une entente entre les différents partis qui existent ». Ce postulat sonne le glas du multipartisme au Cameroun dès sa traduction dans les faits en 1966 date de création de l’UNC. Après la mise sur pied de l’Etat unitaire le 20 mai 1972, le fait majeur dans l’histoire politique du Cameroun est le changement au sommet de l’Etat le 06 novembre 1982. IV – Le changement au sommet de l’Etat Gestion de la transition et résurrection des libertés ; opposition Biya/Ahidjo A la faveur de la Loi Constitutionnelle du 02 juin 1972 et des réformes subséquentes, notamment la réforme de 1979, le Premier Ministre est le successeur constitutionnel du chef de l’Etat. Le 04 novembre 1982, suite à la démission du Président de la République, Ahmadou Ahidjo, son Excellence Barthelemy Biya Mvondo Paul accède à la magistrature suprême. Ce fait apparaît aux yeux des contemporains comme un concours de circonstance. Selon les témoignages, trois personnalités étaient pressenties au poste de Chef de l’Etat par ordre de préférence on peut citer : - Samuel Eboua : Secrétaire Général de la Présidence, privilégié du Président Ahidjo, au regard de sa maîtrise des dossiers et de son intégrité ;
- Victor Ayissi Mvodo : Diplômé de l’ENA de Paris et Ministre de l’Intérieur. Il est considéré par les sources proches du pouvoir « comme le Chef d’Etat de fait », un témoin ajoute : « Il arrivait à Ayissi Mvodo de contredire le Chef de l’Etat » ; - Paul Biya : Premier Ministre, calme, affable, distrait ; une fois le choix porté sur lui, la première dame Germaine Ahidjo s’interrogea : « Aura-t-il de la poigne ? ». Le Président Ahidjo rétorqua : « Peut-être, je le fais ombrage ». La transition sera tumultueuse au regard de l’expression du malaise le 06 avril 1984. Au préalable dès 1983, une controverse divise les deux amis : Le Président Ahidjo leader de l’UNC déclare à ce propos à Garoua que : « C’est le parti qui détermine la politique de la nation ». Le Président Paul Biya allant aux antipodes de son prédécesseur affirme : « C’est le Président de la République qui dirige la politique de la nation ». Pour Emile Senzou, ancien Président Béninois : « Les rapports entre Ahidjo et Biya se dégradent à cause de leur entourage ». Cette fissure engendrera le putsch manqué d’avril 1984. L’échec de ce coup d’état libéra totalement Paul Biya de l’emprise de son illustre prédécesseur. Pour ce faire, l’organisation d’une élection présidentielle anticipée légitimise son pouvoir. De plus, il crée sa propre formation politique sur les cendres de l’UNC pendant le sommet de Bamenda du 25 mars 1985. Louis Tobie Mbida confirme ce fait quand il affirme : « Le RDPC a pour ancêtre l’UNC et l’UC ». Y est-il arrivé de sa propre initiative ? La réponse est dubitable. A tout prendre la série des lois sur les libertés abroge les dispositions de l’ordonnance de 1962 relative à la répression de la subversion. On note alors un foisonnement des partis politiques. Le RDPC se démembre de ses anciens membres à savoir : - Ni John Fru Ndi, ancien Président de la Sous-Section RDPC de la Mezam met sur pied le SDF ;
- Samuel Eboua ressuscite l’UC du Président Ahidjo sous le signe de l’UNDP ; - Dicka Akwa légalise l’UPC ; - Louis Tobie Mbida Légalise le PDC ; A la lecture de ces faits, un politologue ayant pignon dans la place affirme que : « Le Cameroun compte trois grandes formations politiques. L’UC transformée en l’UNC en 1966 puis baptisée en RDPC le 25 mars 1985 dont les démembrements sont le SDF, l’UNDP….., l’UPC et le PDC ». Le vent de la démocratisation poussa plusieurs gouvernements à mettre sur pieds des conférences nationales souveraines. Dans le cas du Bénin, la conférence nationale souveraine aboutira à un changement au sommet de l’Etat. A l’appel de la mise sur pied d’une Conférence Nationale Souveraine au Cameroun, le Chef de l’Etat déclara que : « La conférence nationale est sans objet ». Toutefois, une rencontre tripartite sera organisée en 1991. Autour de la table, on retrouvait : - Les partis de l’opposition légalisés représentés par Louis Tobie Mbida,
- La société civile représentée par Madame Nicole Claire Ndoko, - L’Etat est représenté par le Premier Ministre Sadou Hayatou. En 1991, le Cameroun se trouve au bord de l’implosion grâce aux hommes cités ci-avant et le Ministre Fame Ndongo, le professeur Moukoko Mbondjo, cheville ouvrière de la rencontre tripartite, le pays ne sombrera pas dans le feu. Une appréhension de la crise de 1991 nécessite une lecture des positions de la classe politique nationale en cette époque. - Pour le pouvoir : « La conférence nationale est sans objet » dixit le Chef de l’Etat,
- Pour l’opposition radicale : « Le pouvoir est dans la rue, il n’y a qu’à se baisser pour le ramasser, le Président et son équipe sont finis », avis de l’UPC, UDC, SDF. - Pour l’opposition républicaine : « Vous qui connaissez l’Etat pour l’avoir pratiqué de l’intérieur, êtes-vous capables d’être plus violents que l’Etat ? » Avis de Louis Tobie Mbida. Le consensus de la rencontre tripartite aboutira à la mise sur pied du code électoral et de la Loi Constitutionnelle N° 96/06 du 18 janvier 1996. Elle régit jusqu’à nos jours la vie politique du Cameroun. La célébration du cinquantenaire se moule dans la connaissance des acteurs, des faits et méfaits qui jalonnent l’histoire du Cameroun, ces Hommes qui ont combattu, ces Hommes qui ont contribué à l’édification de la nation camerounaise, ces Hommes qui ont contribué au maintien d’un climat social paisible doivent être honorés. Le Président de la conférence épiscopale du Cameron, Monseigneur Atanga ne dira pas autre chose lorsqu’il affirme le 11 mai 2010 au Palais des Sports durant son homélie que : « La célébration du cinquantenaire de l’indépendance doit être une occasion d’avoir une pensée profonde aux hommes qui se sont battus pour la liberté de notre pays ». Devons-nous nous arrêter et contempler le passé ? Que non ! C’est dans cette optique que Amadou Toumani Touré, Chef de l’Etat du Mali stipule que : « Ce qui me préoccupe ce ne sont pas les 50 années passées, mais ce que nous ferons les 50 années futures. Elles devront être les 50 ans d’une Afrique plus humaine, d’une Afrique développée ». Bibliographie - Le Journal l’info |
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