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L’intérieur des cuisines a beaucoup changé, au point où l’on peut trouver des cuisinières, congélateurs et autres bouteilles de gaz dans une cuisine d’une femme Beti. De même les ustensiles autrefois en terre cuite, ou en bois ont presque disparu, laissant place à une vaisselle moderne en aluminium, acier… Du côté des hommes, l’abaa, autrefois sanctuaire des hommes, des sages et vieillards, a disparu dans certains villages. Et dans le cas où il est encore construit, il devient une case à palabres, fréquentée pour traiter d’un problème qui appelle tout le village : campagne de vaccination, meeting politique, application du droit coutumier, etc… Les hommes de tels villages prennent désormais leur repas dans leur case lorsque ce n’est pas à la cuisine. Cela explique en partie la perte du sentiment d’appartenance à un groupe, c’est ce qui explique aussi le fait qu’actuellement l’enfant est devenu celui d’un tel, alors qu’il était l’enfant de la société. Autre aspect qui a changé dans le cadre de vie des hommes Beti, les meubles dans la maison. S’il est encore courant de trouver des fauteuils en rotin, des chaises et tables en bois non travaillés, il est également facile de trouver dans la case d’un Beti vivant au village, des meubles de luxe travaillés en ville, surtout chez des paysans propriétaires de grandes plantations de cacao. En outre, parlant du cadre de vie, beaucoup de groupes Beti et peuples vivent aujourd’hui en ville (Yaoundé, Sangmélima, Ebolowa, Monatélé…), d’autres vivent sur de grands axes routiers reliant deux villes (Awaé : route Yaoundé-Mbalmayo) ou alors desservant le Cameroun et un pays voisin (Ambam : route Yaoundé-Ebebiyin en Guinée Equatoriale ou route Yaoundé-Abang-Minko au Gabon). Cette situation explique d’ailleurs la rapide amélioration du mode et du niveau de vie des populations Beti, mais aussi cela explique l’adoption des habitudes et des pratiques autrefois répugnées des Beti (cas de la prostitution). |